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Guide · Conseils

Chauffage électrique :l’échéance de fin 2031.

Convecteurs muraux, plafonds chauffants, radiateurs à accumulation : le canton de Berne leur donne un terme, et il tombe plus tôt qu’on ne le croit. Voici la règle exacte, ses exceptions, et ce qu’elle ne dit pas.

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Beaucoup de propriétaires du Jura bernois vivent avec des convecteurs électriques depuis quarante ans sans avoir jamais entendu parler d’une échéance. Elle existe pourtant, elle est cantonale, et elle tombe à la fin 2031. Voici ce que dit exactement la loi bernoise, et ce qu’elle ne dit pas.

Deux règles, pas une seule

La loi cantonale bernoise sur l’énergie contient deux dispositions qu’il faut lire ensemble.

La première interdit déjà, aujourd’hui, de poser un chauffage électrique fixe à résistances neuf pour chauffer un bâtiment. Ce n’est pas une échéance future : c’est une interdiction en vigueur. Elle vise aussi le remplacement d’un chauffage électrique à distribution d’eau par un autre chauffage électrique.

La seconde, une disposition transitoire, s’applique aux installations existantes :

« Les chauffages électriques fixes à résistances existants doivent être remplacés par des chauffages répondant aux exigences de la présente loi dans les 20 ans à compter de son entrée en vigueur. »

La loi est entrée en vigueur le 1er janvier 2012. Vingt ans plus tard, cela donne la fin 2031. Le canton le confirme lui-même sur sa page d’information consacrée à l’obligation de remplacement.

Un détail qui explique bien des malentendus

Cette page officielle qui rappelle l’échéance n’existe, au moment où nous écrivons, qu’en allemand. La loi et l’ordonnance, elles, existent intégralement en français. Mais la notice publique qui met l’échéance noir sur blanc, non.

C’est une des raisons pour lesquelles beaucoup de propriétaires francophones du Jura bernois n’ont jamais entendu parler de cette date : la règle est française, la communication ne l’est pas toujours. Nous consacrons un guide entier à ce décalage — monter son dossier en français dans un canton majoritairement alémanique.

À retenir : ne pas avoir lu une règle en français ne signifie pas qu’elle ne s’applique pas.

De quoi parle-t-on exactement ?

« Chauffage électrique fixe à résistances », c’est le langage de la loi. Dans une maison, cela ressemble à ceci :

  • des convecteurs muraux sous les fenêtres, avec une molette ou un thermostat ;
  • des radiateurs à accumulation, lourds, qui chargent la nuit ;
  • un plafond ou un sol chauffant électrique direct ;
  • des panneaux rayonnants fixés au mur.

Le point commun : de l’électricité transformée directement en chaleur par une résistance. Une pompe à chaleur, elle, ne fabrique pas la chaleur — elle la déplace depuis l’air extérieur ou le sol. C’est pour cela qu’elle consomme nettement moins pour le même confort, et c’est exactement ce que la loi cherche à obtenir.

Le boiler électrique suit un autre calendrier

C’est la confusion la plus répandue, et elle mérite d’être coupée net. Le chauffe-eau n’est pas le chauffage.

Dans les bâtiments d’habitation bernois, les chauffe-eau centralisés chauffés exclusivement à l’électricité ne sont plus autorisés, et les installations existantes doivent être remplacées d’ici la fin 2042 — vingt ans à compter du 1er janvier 2023. Deux exceptions sont prévues : les chauffe-eau de moins de 100 litres, et ceux alimentés à 50 % au moins par de l’électricité renouvelable que vous produisez vous-même.

Donc : chauffage électrique, fin 2031. Chauffe-eau électrique centralisé, fin 2042. Deux dates, deux articles de loi, deux situations. Si quelqu’un vous annonce une seule date pour les deux, il se trompe. Notre page chauffe-eau thermodynamique explique la solution la plus courante pour l’eau chaude.

Où se trouve le chauffage électrique dans la région

Il n’est pas réparti au hasard. Dans le Jura bernois, on le rencontre surtout dans deux familles de bâtiments.

D’abord les maisons individuelles et les chalets construits ou transformés entre 1960 et 1980. À cette époque, l’électrique direct était bon marché à installer, il ne demandait ni cheminée, ni citerne, ni local technique. On l’a posé par facilité, dans des villas de lotissement comme dans des maisons de vacances.

Ensuite les habitations des hauteurs, là où livrer du mazout relevait du parcours d’obstacles : les fermes et chalets du Mont-Tramelan, les maisons des Reussilles, celles des Prés-d’Orvin, les hameaux dispersés des crêtes au-dessus de Sonvilier et de Cormoret. Un câble électrique monte partout ; un camion-citerne, beaucoup moins facilement.

Ce sont précisément ces bâtiments que vise l’échéance de fin 2031. Et ce sont aussi ceux où le remplacement demande le plus de soin, parce qu’ils sont hauts, exposés, et souvent dépourvus de tout circuit d’eau.

Le vrai chantier : créer un circuit de chauffage

Un bâtiment chauffé à l’électrique n’a en général aucun radiateur à eau et aucune tuyauterie. Passer à une pompe à chaleur suppose donc de créer la distribution de chaleur, pas seulement de changer la machine. C’est le poste qui pèse le plus lourd, et celui qu’un devis sérieux détaille ligne par ligne.

Trois voies existent, et le bon choix dépend du bâtiment :

  • Radiateurs à eau posés pièce par pièce, avec des tuyaux souvent apparents ou en plinthe — la solution la plus fréquente en rénovation.
  • Chauffage au sol, si vous refaites les revêtements de toute façon.
  • Pompe à chaleur air-air par unités intérieures, sans réseau d’eau — plus légère à installer, mais elle ne produit pas l’eau chaude sanitaire. Voir notre page pompe à chaleur air-air.

La bonne nouvelle : la création d’un système de distribution de chaleur figure parmi les mesures que le programme cantonal d’encouragement soutient. Cela ne rend pas les travaux gratuits, mais cela change nettement l’équation. Voir notre page remplacement d’un chauffage électrique.

L’appoint électrique reste possible — mais sous condition

Beaucoup de propriétaires croient qu’une pompe à chaleur ne peut pas comporter de résistance électrique. C’est faux dans le canton de Berne, et la nuance est intéressante.

L’ordonnance cantonale autorise expressément le chauffage de secours électrique d’une pompe à chaleur, mais seulement en dessous de la température de dimensionnement. Elle ajoute une phrase décisive : si le chauffage principal ne produit pas toute la puissance nécessaire, la résistance électrique n’est plus considérée comme un chauffage de secours — et redevient donc interdite.

Traduit en clair : dans ce canton, une pompe à chaleur volontairement sous-dimensionnée, qui compte sur sa résistance pour tenir les jours froids, rend l’installation non conforme. C’est un argument technique que presque personne n’écrit, et une bonne raison d’exiger un vrai calcul plutôt qu’un modèle choisi au catalogue. Nous y revenons dans altitude et dimensionnement.

Cinq ans, ce n’est pas beaucoup

Fin 2031 paraît lointain. En pratique, l’échéance concerne des milliers de bâtiments dans le canton, et les entreprises capables de faire ce travail sont les mêmes pour tout le monde. Plus la date approche, plus les délais s’allongent et plus les prix se tendent.

Il y a aussi un motif plus terre à terre : la demande de subvention doit être déposée avant le début des travaux, et le certificat énergétique exigé après coup prend du temps. Un projet mené sans stress s’étale sur six à douze mois. Un projet mené dans l’urgence coûte plus cher et se termine par un compromis.

Si votre maison est chauffée à l’électrique, le bon moment pour faire chiffrer le remplacement est celui où vous n’y êtes pas obligé. Une visite technique et un devis ne vous engagent à rien — mais ils vous donnent une date, un montant, et la liberté de choisir.

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