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Électrique · Prestation

Chauffage électrique :l’échéance est fin 2031.

Le canton de Berne donne une date, et elle est écrite dans la loi. Si vous chauffez avec des radiateurs électriques fixes, voici ce qui vous attend, ce qui est déjà interdit, et les deux chemins possibles pour en sortir.

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La date, et d’où elle vient

Beaucoup de propriétaires de la région ont entendu parler d’une échéance sans savoir laquelle. Voici la règle bernoise, telle qu’elle figure dans la loi cantonale sur l’énergie : les chauffages électriques fixes à résistances existants doivent être remplacés d’ici la fin 2031. Le texte fixe un délai de vingt ans à compter de l’entrée en vigueur de la loi, le 1er janvier 2012 (art. 72).

Ce n’est pas une recommandation, ni un objectif politique : c’est une disposition transitoire d’une loi en vigueur, état au 1er janvier 2026. Attention aux dates qui circulent : 2030 est l’échéance neuchâteloise, et certains cantons voisins n’en fixent aucune. Dans le canton de Berne, c’est fin 2031.

Sont visés les chauffages fixes à résistances : radiateurs muraux électriques, panneaux, plafonds ou sols chauffants électriques raccordés à demeure. Un chauffage d’appoint mobile que vous branchez deux soirs par an n’entre pas dans cette catégorie.

Et poser du neuf est déjà interdit

Le second fait est plus immédiat encore, et il prend au dépourvu ceux qui pensaient repousser le problème en remplaçant simplement leurs vieux convecteurs : installer un chauffage électrique fixe à résistances neuf n’est plus autorisé dans le canton de Berne (art. 40 al. 2 let. a de la loi cantonale sur l’énergie).

Concrètement, si vos radiateurs électriques lâchent en 2027, vous ne pouvez pas les remplacer à l’identique. La dépense que vous auriez faite pour du neuf est donc à réorienter dès aujourd’hui vers une vraie solution — ce qui, financièrement, change complètement le raisonnement.

C’est aussi ce qui rend l’attentisme coûteux. Attendre 2030 pour agir, c’est se retrouver dans une file d’attente d’installateurs, avec des prix tendus et sans marge de manœuvre sur le calendrier des subventions. Notre guide remplacer un chauffage électrique détaille le calendrier intelligent.

Ne confondez jamais avec le chauffe-eau : lui, c’est fin 2042

Il existe une seconde échéance bernoise, et elle concerne un autre appareil. Dans les bâtiments d’habitation, les chauffe-eau centralisés chauffés exclusivement à l’électricité ne sont plus autorisés, et les installations existantes doivent être remplacées d’ici la fin 2042 — un délai de vingt ans courant depuis le 1er janvier 2023.

Deux exemptions sont prévues par l’ordonnance : les chauffe-eau de moins de 100 litres, et ceux alimentés à 50 % au moins par de l’électricité renouvelable que vous autoproduisez, typiquement avec des panneaux solaires.

Retenez donc deux dates distinctes, et ne les mélangez pas : le chauffage, c’est fin 2031 ; le chauffe-eau, c’est fin 2042. Beaucoup de sites fusionnent les deux et affolent inutilement, ou au contraire rassurent à tort. La page chauffe-eau thermodynamique traite spécifiquement du second cas.

Ce que cela implique concrètement chez vous

Remplacer un chauffage électrique n’est pas le même chantier que remplacer une chaudière. Dans une maison chauffée à l’électricité, il n’y a en général aucun circuit d’eau : ni radiateurs à eau, ni tuyauterie, ni local technique. Il faut donc créer ce qui n’existe pas.

Deux chemins s’ouvrent alors, et le bon dépend de votre bâtiment :

  • Créer un circuit à eau et poser une pompe à chaleur air-eau. C’est la solution complète : elle chauffe toutes les pièces et produit l’eau chaude sanitaire. Le chantier est plus lourd — passages de tuyaux, radiateurs neufs ou plancher chauffant — mais le résultat est une maison normalement chauffée, avec un système reconnu par le canton comme solution standard. Voir pompe à chaleur air-eau.
  • Poser des unités air-air, complétées par un chauffe-eau thermodynamique. Beaucoup plus léger et moins cher, mais les chambres et les couloirs restent partiellement en dehors. Voir pompe à chaleur air-air.

La visite technique sert précisément à trancher entre les deux, en fonction de la distribution des pièces, des passages disponibles et de votre budget. Personne ne peut le décider depuis un formulaire.

La subvention, et une condition que peu de gens lisent

Le canton de Berne soutient le remplacement d’un chauffage électrique par une pompe à chaleur. Comme toujours ici, nous ne publions aucun montant : les barèmes changent d’une édition à l’autre du guide, et seul le guide officiel du programme d’encouragement fait foi.

La règle de procédure, en revanche, est stable et impitoyable : la demande doit être déposée avant le début des travaux, sur le portail Subene. Les demandes déposées après coup sont irrecevables. Une commande signée avant le dépôt suffit à tout perdre.

Une condition du programme mérite une attention particulière dans votre cas : les nouveaux générateurs de chaleur et les systèmes de distribution de chaleur à eau ne sont éligibles que s’ils remplacent des chauffages installés et dûment autorisés. Un chauffage électrique posé sans autorisation, ou un local aménagé sans déclaration, peut donc poser problème au moment du dossier. Cela se vérifie au début du projet, pas à la fin. La page subventions et le guide les aides du canton de Berne détaillent la marche à suivre.

Pourquoi il ne faut pas attendre 2030

Il reste plusieurs années avant l’échéance, et c’est exactement ce qui rend le piège efficace. Trois raisons concrètes de s’y prendre maintenant.

La facture d’électricité court en attendant. Un radiateur électrique restitue au mieux l’électricité qu’il consomme. Une pompe à chaleur en restitue plusieurs fois plus pour la même consommation. Chaque hiver passé à attendre est un hiver payé au tarif fort.

Le carnet des installateurs va se remplir. Le canton de Berne est vaste, et la même échéance s’applique partout. Plus on approchera de 2031, plus les délais s’allongeront et moins vous aurez de pouvoir de négociation.

Le chantier demande une saison. Créer un circuit à eau ne se fait pas en trois jours ; s’y ajoutent le dépôt de la demande de subvention, puis le dossier de permis pour l’unité extérieure. Entre la décision et la première chaleur, comptez plusieurs mois. Autant les choisir plutôt que les subir.

Les maisons concernées, ici

Le chauffage tout électrique a été très largement posé dans les constructions des années 1960 à 1990, à une époque où l’électricité paraissait bon marché et où le chantier était simple. On en retrouve beaucoup dans les lotissements de la vallée de Tavannes, autour de Reconvilier et de Tavannes, dans les villas du plateau de Diesse et dans une partie du parc immobilier de Bienne.

Ces bâtiments ont un point commun favorable : ils sont souvent compacts et pas si mal isolés, ce qui limite la puissance nécessaire. Ils ont aussi un point commun défavorable : l’absence totale de circuit d’eau, donc un chantier de distribution à créer.

Un mot enfin sur l’altitude, car elle joue ici plus qu’ailleurs. Le canton calcule les besoins de chauffage sur deux stations climatiques différentes selon que le bâtiment se situe en dessous ou à partir de 800 mètres. C’est l’altitude du bâtiment qui compte, pas celle du village : dans nos vallées, deux maisons du même quartier peuvent tomber de part et d’autre de la ligne. Voir altitude et dimensionnement.

Combien ça coûte, et par où commencer

Une pompe à chaleur air-eau posée revient à CHF 28'000 à 45'000, auxquels s’ajoute la création du circuit de distribution s’il n’existe pas. Une solution air-air se situe entre CHF 12'000 et 25'000, et un chauffe-eau thermodynamique entre CHF 4'000 et 7'500. Ces fourchettes sont détaillées sur la page prix d’une pompe à chaleur.

Le configurateur en haut de page vous donne une première estimation en trente secondes ; cochez simplement « électrique » comme chauffage actuel. Il vous signalera d’ailleurs, à juste titre, que des radiateurs à eau sont à créer.

Ensuite, la visite. Elle est gratuite et sans engagement, et un installateur certifié se déplace aussi bien à Saint-Imier qu’à La Neuveville. C’est chez vous, en regardant les passages possibles et l’état du tableau électrique, que se décide le chemin le plus court entre aujourd’hui et fin 2031.

Vos questions, réponses simples

Quelle est exactement l’échéance dans le canton de Berne ?

Les chauffages électriques fixes à résistances existants doivent être remplacés d’ici la fin 2031. La loi cantonale sur l’énergie fixe un délai de vingt ans à compter de son entrée en vigueur le 1er janvier 2012. Attention aux dates d’autres cantons qui circulent : 2030 est l’échéance neuchâteloise, pas la bernoise.

Puis-je encore remplacer mes convecteurs électriques par des neufs ?

Non. Poser un chauffage électrique fixe à résistances neuf n’est plus autorisé dans le canton de Berne. Si vos appareils tombent en panne, la dépense doit être réorientée vers une pompe à chaleur ou une autre solution admise, ce qui change le calcul financier dès aujourd’hui.

Mon boiler électrique est-il concerné par la même date ?

Non, et c’est une confusion fréquente. Les chauffe-eau centralisés chauffés exclusivement à l’électricité dans les bâtiments d’habitation doivent être remplacés d’ici la fin 2042. Deux exemptions existent : moins de 100 litres, ou une alimentation assurée à moitié au moins par de l’électricité renouvelable autoproduite.

Faut-il forcément créer des radiateurs à eau ?

Pas forcément, mais souvent. Une pompe à chaleur air-eau demande un circuit d’eau, qui n’existe généralement pas dans une maison tout électrique. L’alternative est une solution air-air complétée par un chauffe-eau thermodynamique, plus légère et moins chère, mais qui laisse certaines pièces en dehors.

Le canton aide-t-il ce type de remplacement ?

Oui, le programme cantonal soutient le remplacement d’un chauffage électrique par une pompe à chaleur. Nous ne publions aucun montant, car les barèmes changent selon l’édition du guide. Retenez la règle de procédure : la demande se dépose avant le début des travaux, et une demande déposée après coup est irrecevable.

Ai-je intérêt à attendre les dernières années ?

Non, pour trois raisons. Votre facture d’électricité court chaque hiver, les carnets des installateurs se rempliront à l’approche de l’échéance, et le chantier demande plusieurs mois entre la décision, les démarches et la mise en service. Agir tôt, c’est garder le choix du calendrier et du prix.

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